Nancy MIDOL (Univ. de Nice Sophia-Antipolis, LARESHAPS): Pour des facultés des arts et jeux corporels.

 Avant que le terme générique sport ne s'impose, on parlait des arts et des jeux ( Ariès. 1982 ). Ces activités corporelles étaient chargées de symbolique, c'est à dire que l'acte physique reliait deux registres distincts, l'un prenant signification par l'autre, il faisait signifier ailleurs. Par exemple la danse, l'équitation ou l'escrime, ces nobles et savantes pratiques, figuraient dans leurs gestuelles techniques l'ordre de l'univers. Ces gestes reproduisaient le mouvment des planètes, justifiant d'un centre autour duquel le reste de l'univers tournait, justifiant de la place centrale d'un Dieu, d'un roi.
 Cette lecture symbolique de la technique propose de s'inscrire sur le plan sémiologique, dans une quête d'un sens qui ordonne le chaos, dans une sorte de logique où l'influence de l'imaginaire collectif sur la technique corporelle ne conduit pas, comme c'est le cas aujourd'hui, à tout centrer sur le sujet lui-même, ou plus exactement sur le fonctionnement-rendement de son corps.
 Par ailleurs les arts et les jeux participaient de rites, et nul ne pouvait s'y soustraire; car ils avaient des fonctions précises de régulation social *), comme les danses rituelles, appelant la fécondité de la terre ou des femmes ( Loux, F., 1979 ), ou encore comme la soule qui, entre autre, régulait la vie des villageois célibataires ( Muchembled, R., 1983 ), ils n'avaient donc pas le même caractère de gratuité que les sports d'aujourd'hui.

 *) Il ne s'agit pas ici de nier que les sports ont une fonction de régulation sociale aujourd'hui, comme les fonctionnalistes américains l'ont mis en évidence. Mais celle-ci se réalise dans des sociétés éclatées et plus complexes, où l'adhésion au rituel sportif ne concerne qu'une minorité, au sen de laquelle les personnes ne donnent pas forcément le même sens au rituel.

 Au tournant du siècle, le sprot est venu, lui aussi chargé de symbolique, remplacer ces expressions culturelles pour véhiculer les représentations de la modernité, entre le mythe laïc du surhomme et l'utopie du progrès (Beaune, J.C., 1993 ), et pour permettre de s'orienter dans le contexte de la nouvelle civilisation qu'introduisait l'ère industrielle: ( vie consommateurs ... ). L'avènement sportif suit de près l'apparition d'idées nouvelles par lesquelles et pour la première fois dans l'histoire des mentalités, il devint institutionnellement légitime de concevoir l'être humain comme objet de sciences, dans ce XVIIIe siècle qui prôna le triomphe de la Raison sur l'obscurantisme et la superstition.

La théorisation dans le champ des activités physiques et sportives

 Deux grandes orientations de l'esprit marquent la réflexion sur les activités physiques ludiques, artistiques ou sportives:
 --- celle qui pose des problèmes de sens, selon des approches philosophiques critiques voire parfois mystiques. Le savoir s'établit sur une vision encyclopédique, où le corps incarne l' Esprit , ou l' Ame ou encore la Vie , au centre de systèmes complexes, ou encore participe à une philosophie esthétique. Le corps apparaît comme une manifestation formelle d'une expression autre qui le transcende;
 --- et celle qui ne les pose pas, soit qu'elle se place en deçà ou au-delà du problème du sens, adhérant d'emblée aux méthodes des sciences physique et mécanique au sujet de l'activité humaine. Cette conception matérialiste est ancrée dans la conception physique et mathématique de la matière, qu'elle soit du règne minéral, végétal ou animal. Mais ces règnes ne sont plus égaux et fusionnels en chaque chose, comme aux temps des alchimistes, les passages insensibles d'un règne à l'autre sont abandonnés à l'obscurantisme, pour, avec Jean Baptiste de Monet de Lamarck (1778) participer à deux grandes classes qui s'opposent: le vivant ou organique et l'inerte ou l'inorganique ( Broyer, G., 1981 ). Cette conception de l'accès à la connaissance est la conséquence de démarches intellectuelles comme celle de Descartes (1648) qui proposait d'analyser l'organisme des êtres vivants sur le modèle de la machine.
 Allant plus loin, le médecin La Mettrie, dans son Hsitoire Naturelle de l'Ame (1745) et son Traité de l'Homme-Machine (1747) réduisit la psychologie et la physiologie humaines à de simples conséquences de l'organisation corporelle. Avec lui, et certains de ses condisciples, l'être humain entre dans le droit commun du règne animal. Ainsi, la révolution mécaniste qui est l'expression du matérialisme du XVIIe siècle ( Galilée, Descartes ) a permis que la connaissance objectivante légitime les travaux d'expérimentation sur l'être humain vivant, conçu comme un système d'organes. Cette conception moderne du monde provient d'une opération qui organise, d'après Pierre Fédida, une triple exclusion: L'être exclu de son corps, du monde et de l'histoire qui désignerait la portée idéologique de notre humanisme moderne . Cette exclusion, cette abstraction ( Abstrahere = tirer hors de, exclure ) indiquerait l'impossibillité de fonder l'objectivité autrement que par la physique et la mathématique. Ainsi, à partir de Descartes, exister c'est exister comme conscience, pure intériorité de l'acte réflexif - ou comme objet - ouverture de l'étendue sans mystère - partes extra partes ( 1977, p.57 ). Cette conception a permis que s'élaborent par réductions et analyses successives, des champs disciplinaires spécifiques, de plus en plus nombreux et de plus en plus pointu, dans l'espace des sciences humaines, jusqu'à ce que le mouvement se renverse d'ailleurs pour donner naissance à des disciplines transversales, comme les STAPS.

Les travaux scientifiques idéalistes, et spirituels

 C'est François Delsarte (1811-1871) qui illstre le mieux ce premier mode d'approche qu'il revendique scientifique ( Arnaud, A., 1859 ), suivant l'engouement nouveau pour la pensée rationaliste. Nous présenterons succinctement ses travaux qui fondent une théorie complète, où l'être humain est Objet d'Art qui justifie le questionnement suivant: Vous êtes-vous jamais soucié d'étudier le sens passionnel des formes l'action évidente qu'exerce l'esprit sur le corps ? (Delsarte, 1991 )
 François Delsarte établit une théorie de l'expressivité du mouvement humain en mêlant deux niveaux théoriques: un niveau expérimental et scientifique issu de l'héritage des anatomistes et un niveau lyrique, sensitif et sacré, issu des courants ésotériques et mystiques qui marquèrent le XIXe siècle. Avec François Delsarte, impossible de mettre des cloisons entre Art et Science, entre sacré et rationalité ( cf. figure en fin d'article, le système de F. Delsarte, à la fin de l'article, document p.43 de F. Delsarte, Sources et Pensées. 1992 )
 D'ailleurs même Etienne Jules Mrey (1830-1904), professeur au Collège de France, qui publie sous le titre évocateur de La machine animale (1872) ses études sur la locomotion humaine et animale, s'en tient à la représentation artistique de l'homme en mouvement , comme il l'écrit dans son ouvrage sur Le mouvement , paru en 1894.
 On perçoit la difficulté de ces penseurs de la fin du XIXe siècle, pour rompre avec le mode métaphysique spiritualiste. La science ne peut être tout à fait dissociée d'une philosophie idéaliste où l'activité symbolique prend sens dans l'Esthétique et l'Ethique, car Science et Art fonctionnent ensemble puisque le mouvement technique parfait est naturellement beau. Cette disposition d'esprit alimente les théßries de la grâce, les lois de l'harmonie, toutes les gymnastiques de l'harmonie que fondent les grands savants du mouvement humain que furent avec François Delsarte, Rudolph Von Laban (1956), Emile-Jacques Dalcroze (1920), Etienne Decroux, Mary Wigman, ( Barril, J., 1977 ) et dont les travaux ont nourri les études américaines sur le mouvement, l'expression, et les thérapies corporelles.
 A titre d'illustration, F. Delsarte répertorie trois formes élémentaires du geste dynamique: oblique, direct et circulaire qui correspondent à trois modes d'expression. L'oblique appartient aux phénomènes de la vie, le geste direct à l'âme, et le circulaire à l'esprit, de sorte que le mouvement forme des accortds et des harmonies ( Arnaud, A., 1859 ).
 Cette confiance en la science s'affermit tout au long du XIXe siècle. La science fait autorité sur un terrain qui jusque là était celui de la religion. En voulant élever la politique au reng d'une science, le polytechnicien Auguste Comte (1798-1857) propose alors au savant de tenir le rôle de directeur de conscience d'une société positiviste. *) Le pouvoir idéologique de la science se développe, et aujourd'hui, il n'est pas excessif de penser qu'il a couvert massivement le champ des structures de l'imaginaire, comme l'ont montré Genevière Rail et Cheryl Cole, dans leur article introduisant cet ouvrage.

*) Eugène Dupréel: Esquisse d'une philosophie des valeurs, Paris, 1939. E. Dupréel affirmait au début du siècle, que la théorie de la connaissance ets réductible à une théorie de la technique en général; c'est elle qui donne au savoir-faire des normes opératoires, un statut social, tout en le localisant au sein d'un système de représentations.

 Les études sur le mouvement humain évoluèrent donc en désinvestissant l'imaginaire spirituel, pour affirmer l'adhésion matérialiste, qui est une autre forme de métaphysique, non de l'esprit mais de la matière ( Grawitz, M., 1990 ). Le matérialisme fut généralement accepté, et l'énoncé de sa position métaphysique disparut peu à peu des traités scientifiques.
 Avec les études sur le mouvement effectuées par Georges Demny (1850-1917) qui milita au sein du cercle positiviste de Gymnastique rationnelle , l'expérimentation de la marche et de la course affirma le point de vue physiologiste et mit l'accent sur l'efficacité de l'organisme, à partir d'une réflexion sur l'économie dans le déplacement. Dans ses recherches sur E. Marey et G. Demeny, Christian Pociello note que si la gymnastique s'était proposée d'atteindre des objectifs hygiéniques et esthétiques, il revint au XIXe siècle, industriel et technique d'introduire les aspects économiques du corps humain en terme de rendement et d'ergonomie: comment le corps résoud-il le problème de l'économie dans le déplacement ? ( 1972, p.99 )

Les travaux scientifiques appliqués à l'entraînement sportif

 Dans les milieux scientifiques plus proches du millieu sportif, la rupture avec le sacré est consommée par l'acte de transposer sur l'athlète les savoirs zootechniques des éleveurs dans le cadre d'une idéologie positiviste et utilitaire. Ainsi le docteur Léon Laveyssière écrit en 1903, qu'on peut ltudier sur les hommes comme sur les bêtes les effets du travail et de la fatigue qui enrésulte, et sur les chevaux de course, les pratiques de l'entraînement. La pensée matérialiste, caractérise une manière particulière de comprendre le monde, de chercher les lois universelles à travers le singulier. Ce mode de pensée universalisante a une influence directe sur l'évolution des techniques du corps, dont le sport et la médicine sont les véhicules privilégiés.
 Or, il nous a paru important de situer ces quelques repères épistémologiques, avant de présenter un certain paysage actuel des recherches en sciences et techniques des activités physiques et sportives. Ces propos théoriques d'antan ont-ils quelques résonances avec ceux d'aujourd'hui ? Reste-t-il de ces deux pistes, matérialiste et spiritualiste, aux jours de Juin 1993, dans la production des travaux de recherches en sciences et techniques des activités physiques et sportives ?

Les STAPS, une création et une évolution récentes ?

 Quand le territoire universitaire STAPS naît en 1973, le champ du savoir en éducation physique est partagé entre, d'un côté des approches philosophiques et de sciences humaines représentant le pôle humaniste, et de l'autre les études biomédicales développant un savoir bio-mécanique et physiologique, constituant le pôle technolotique.  Dans le premier champ, Michel Bernard (1976) a été incontestablement le maître des générations d'étudiants sportifs qui suivaient leurs études à l'ENSEP. Parmi eux, Georges Vigarello (1978), Claude Pujade Renaud (1979), Jean Marie Bröhm ( 1991, 85-708), ... ont maintenu une tradition critique au sein des STAPS, qui a alimenté des débats éthiques, politiques, scientifiques.
 Dans le second champ, les médecins ont développé les sciences biologiques ( bio-mécanique, physiologie, neurosciences ) et ont organisé l'expérimentation à partir ( ou sur ) les corps des sportifs du haut niveau, notamment à l'INSEP.
 D'ailleurs, l'ENSEP, pui l'INSEP ont joué dans les années 1970 un rôle fondamental de territorialisation des savoirs en EPS, puis en STAPS. Le choix des thèmes des sessions organisées par ces institutions met en évidence une certaine conception de l'éducation physique à l'école, qui restait large. ( Les sessions ont développé des recherches en Gestion et administration, histoire, esthétique, sciences de l'éducation, physiologie, sociologie etc... ) Les sessionnaires y étaient formés pour suivre ensuite des doctorats et postuler sur des emplois universitaires. Confrontés au devoir d'obtenir des diplômes universitaires, les futurs cadres des futres facultés des sciences du sport s'éloignèrent des soucis idéologiques et s'imposèrent certaines rigueurs méthodologiques pour avancer des preuves.
 Les thèmes de recherche devinrent plus pointus dans les nvoueaux laboratoires de recherche. Les chercheurs adhérèrent bientôt à la logique de la recherche en développant des sujets compatibles avec certains outils d'investigation, et leur mode d'emploi ( méthodologies ). Leurs études s'éloignèrent alors du terrain de l'enseignement de l'éducation physique dont ils étaient issus, pour s'inscrire dans le champ universitaire.

Aujourd'hui, 20 ans plus tard, quelles sont les produtions universitaires en STAPS. ?

 Nous avons fait l'analyse succincte des 12 cursus de DEA. habilités en STAPS., et de leur production à travers le prisme particulier du Prix J.C.Lyleire, ( mais qui représente toutefois l'ensemble des formations ). Celle-ci met en évidence, pour les 4 premières années de la décennie 1990, une certaine orientation scientifique et idéologiques des institutions universitaires de recherche dans la discipline STAPS. ( 74ème section du Conseil National des Universités ).
 Mais il faut bien sûr souligner le caractère particulier de l'échantillon, qui n'est représentatif que de lui-même, ou au mieux de DEA en STAPS.. Cette étude n'est pas forcément généralisable aux travaux de doctorats, ou autres.  Mais, pour les 58 mémoires de DEA présentés au Prix J.C.Lyleire, les résultats sont les suivants: ( cf. tableau des titres des DEA pour le prix Lyleire en fin d'aticle )
 Les 58 DEA analysés croisent la logique disciplinaire et la logique des orientations professionnelles, mais ils évacuent massivement la démarche transdisciplinaire qui fait pourtant la raison d'être des Siences des APS, comme nous le voyons sur le graphique ci-dessous.

       −−−Répartition entre disciplines et filière−−−

 Science humaine 34 sujets ( didactique 12, réhabilitation 3, entraînement 9, loisir/collect. 5, non filière 4, transdisciplinaire 1 )
 Science biologique 24 sujets ( didactique 1, réhabilitation 2, entraînement 16, loisir/collect. 0, non filière 4, transdisciplinaire 1(idem) )
 En totale ( didactique 13, réhabilitation 5, entraînement 25, loisir/collect. 5, non filière 8, transdisciplinaire 1 )

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 --- Sans que cela n'énonce des tendances évolutives sur les 4 années étudiées, il est remarquable toutefois, que la totalité des 5 sujets concernant des thèses sur la réhabilitation ait été présentée seulement pour le dernier concours 1992/93.
 --- Un seul sujet est transdisciplinaire, et d'ailleurs il n'est pas dirigé par un chercheru en STAPS. Le sujet paraît original: Pulsionnalité et critères internes à la dynamique psychique dans la réalisation de performances sportives. Etude chimique et testologique . Direction J. Bisouste, psychologie.
 --- Deux DEA sont dirigés par deux directeurs n'ayant pas la même spéciallité, mais le titre donne le sentiment que la recherche s'est cantonnée à un seul domaine disciplinaire.
 --- Ainsi les recherches en STAPS investissent massivement le domaine de l'entraînement ( 16 DEA ) et notamment l'entraînement de haut niveau ( Relations entre aptitudes physiques, caractères morphologiques et classement en tennis ). Ce champ d'investigation concerne principalement les sciences biologiques (64 %).
 --- Vient ensuite la didactique pour 13 DEA, qui concerne 12 fois les sciences humains, et 1 fois les sciences biologiques.
 --- 8 DEA n'ont pas de rapport précis avec les STAPS, comme Comportement alimentaire du rat après exercice physique , ou bien encore, ont un rapport avec les STAPS, mais ont été présentés dans une autre discipline Les usages de la femme sportive dans la publicité , DEA sociologie.

 Les choix des thèmes et des méthodes renseignent sur l'intentionnalité de la recherche, sur la logique du champ de la recherche en Science des APS. On peut questionner le pourquoi de la recherche, c'est à dire, entrevoir quelles sont les questions importantes posées, et à qui peuvent servir les résultats etc. Par exemple, le sujet L'insertion professionnelle des diplômés dans les métiers du sport met en évidence une intentionnalité de sociologue et de gestionnaire: comprendre les rapports entre emplois et formation, et si possible, pouvoir dans un second temps conseiller, organiser, s'impliquer institutionnellement ou tout simplement trouver un métier. L'intention est tout autre dans le sujet: Le placement et l'orientation spatiale dans une tâche d'anticipation-coïncidence, le squash . Là, on perçoit le poids d'un laboratoire spécialisé, la volonté de prospecter à l'articulation de la recherche fondamentale et appliquée. L'intention concerne plus une politique de laboratoire qu'une démarche directement promotionnelle et personnelle du diplômé.
 Mais dans ces deux cas, l'approche scientifique concerne des problèmes technologiques à résoudre, puisqu'il s'agit de répertorier les paramètres concernés et de les faire fonctionner dans des modèles, ou systèmes.
 Par contre quand la recherche porte sur: Histoire des dorctrines pédagogiques de la natation , l'intentionnalité n'appartient pas à l'imaginaire technologique car, il s'agit davantage de comprendre une évolution, de réfléchir sur des déterminants socio-culturels, de faire émerger du sens.
 On peut se demander si le libellé STAPS, où les concepts de sciences et techniques voisinent dans un rapport de continuité/contiguïté n'a pas un rôle d'incitation, qui dispose l'esprit vers des intentions de recherches techno-scientifiques ?
 En effet, vingt ans après l'implantation de ce nouveau territoire scientifique, les tendances inaugurales des chercheurs, notamment qui tendaient à poser des problèmes de sens sous certains angles philosophiques et politiques ont disparu massivement. D'ailleurs, aucun de ces théoriciens, malgré l'intérêt évident porté aux STAPS n'a intégré la 74ème section, bien que certains aient tenté de le faire. Ils ont dû s'implanter ailleurs, sur d'autres territoires disciplinaires. La discipline STAPS semble les avoir évacuées, même si elle n'est pas totalement fermée au problème du sens comme en témoignent quelques recherches socio-historiques ou épistémologiques, et l'implication de certains chercheurs dans des cursus philosophiques comme c'est le cas pour M.J.Bianche, ( voir article ci-après ).
 Cette petite exploration nous incite alors, à poser un certain nombre de questions, du point de vue de l'acteur social:
 --- Le problème de l'implication sociale des recherches est-il posé avant que celles-ci ne soient entreprise ?

◇ 研究の社会的意味の問題は研究の前提条件か

 --- La techno-science peut-elle aborder des problèmes de sens, orienter des choix éthiques, d'éducation, de culture ?

◇ 技術・科学は方向性 (倫理的選択の方向づけ) の問題、教育・文化の問題にまで踏み込むべきか

 --- Si telle n'est pas sa prétention, quelles sont les intentions qui président aux recherches technologiques ?

◇ もしそうでないとすれば、技術学的研究を支配している研究意図とは何か

 --- Enfin, quels sont les espaces de publications universitaires dans le domaine: en France, les Revues STAPS et Motricité Humaine ne valorisent-elles pas le créneau de la techno-science ? D'autres revues, comme Quel Corps , ou ponctuellement les revues Esprit , et Autrement etc. investissent le créneau plus philosophique et idéologique qui est laissé vacant. Les chercheurs en STAPS doivent-ils se détourner de ces espaces d'expression ?

◇ 『APS.科学・技術』誌、『運動能力』誌などの分野での大学研究紀要の読者は誰か
『からだ』『精神』『新見解』などの雑誌は哲学や思想など未知の分野を持っている
『APS.科学・技術』誌の研究者たちはこうした表現の領域に転じるべきか

 --- Enfin, dernière question: si l'université n'est pas un espace de propositions et de débats idéologiques et culturels parce qu'elle ne génère rien d'autres que des sciences ( qui sont évidemment idéologiques elles aussi, même si elles résistent à s'admettre comme telles , à qui échoit le rôle d'inventer les pratiques dans les milieux éducatifs, hygiéniques thérapeutiques et de loisir ?

◇ 大学は科学以外に何も生み出さないので思想や文化に関する提案や論争の場ではない (この見解自体イデオロギー) とすれば、教育・衛生・治療・余暇などの分野での実践方法の考案という役割は誰が担うのか

 En guise de conclusion, ne serait-il pas judicieux de poursuivre ensemble la réflexion sur l'implication sociale des recherches en STAPS, afin de penser ensemble le savoir , le technique et le politique ? Réflechir ensemble, en tant qu'acteurs sociaux, dans quels mouvements sociaux ( nécessairement pluriels ), inscrire les chercheurs en STAPS ? Prendre le temps de débattre encore de la fonction politique de l'intellectuel-chercheur ?
 C'est d'ailleurs, en ce qui concerne le Canade, ce que fait Jean Harvey, analysant dans l'article précédant, la logique de production scientifique dans le domaine sportif. Son propos met en évidence, certaines logiques politiques, généralement occultées.

◇〔前半部分の体育科学史(デルサルト等)で論じられた体育学のパラダイム問題は最終的に結論の中に位置づけられておらず、もっぱらSTAPS編集部のレベルでの問題点の指摘に終わっているように思われる〕